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Unissons nos forces !

03.09.2026

Chères et chers membres,

Chères et chers professionnel·le·s de la création et de la production audiovisuelle,

Chères représentantes et chers représentants des syndicats, associations professionnelles, fondations et organismes publics,

Chères et chers ami·e·s du cinéma et de l’audiovisuel suisse,

Au printemps 2025, Fonction : Cinéma vous faisait déjà part de ses inquiétudes face aux tensions grandissantes que traversait notre branche.

Depuis, la situation ne s’est malheureusement pas améliorée. Dans plusieurs domaines, elle s’est même encore dégradée.

Avant d’entrer dans le détail, nous souhaitons rappeler une évidence : notre branche forme un écosystème et tous ses métiers sont interdépendants.

Sans auteur·ice·s et sans réalisateur·ice·s, il n’y a pas de projets à produire. Sans sociétés de production capables de développer et de financer ces projets, les œuvres ne voient pas le jour. Sans technicien·ne·s et sans équipes artistiques, elles ne peuvent être fabriquées.

Le message qui suit porte principalement sur les conditions de financement et sur la situation des sociétés de production. Mais les conséquences des politiques de financement touchent l’ensemble de la chaîne : auteur·ice·s et réalisateur·ice·s peinent eux et elles aussi à vivre durablement de leur métier, tandis que les technicien·ne·s subissent directement les variations du volume de production.

 

Un constat devenu préoccupant

Nous constatons aujourd’hui qu’un nombre inquiétant de productrices et producteurs sont soumis à une pression professionnelle croissante, parfois jusqu’à l’épuisement, et que certain·e·s quittent ou envisagent sérieusement de quitter leur métier.

Plusieurs sociétés de production traversent des difficultés financières importantes, y compris parmi les structures établies depuis de nombreuses années.

Le problème peut se résumer simplement : faire un film ou une série coûte de plus en plus cher, alors que les moyens disponibles ne progressent pas, voire diminuent en termes réels.

Les sociétés de production sont contraintes d’absorber une part croissante de ce manque de financement en comprimant leurs propres frais généraux, leur rémunération et leurs marges de sécurité.

Cette situation met en danger tout l’écosystème du cinéma et de l’audiovisuel et ne nous paraît plus soutenable à moyen terme.

 

Pourquoi les conditions de production se sont-elles dégradées ?

 

Plusieurs phénomènes se cumulent.

À l’échelle fédérale, les crédits consacrés au cinéma restent soumis à une politique de croissance zéro pour la période 2025-2028. Une enveloppe nominalement stable dans un contexte de renchérissement équivaut mécaniquement à une diminution de sa capacité réelle de financement.

Parallèlement, la concurrence pour l’aide sélective s’est considérablement amplifiée. En 2022, l’OFC avait reçu 464 demandes. En 2025, il en a reçu 640, soit une augmentation de près de 38 % en trois ans. Dans le même temps, le taux de soutien des projets formellement admissibles est passé de 38 % à 23 %.

Depuis 2025, les films exclusivement suisses ne sont plus éligibles au PICS, l’aide fédérale liée au site, ce qui réduit fortement les possibilités de financement pour certaines productions nationales.

Du côté romand, l’effet amplificateur de Cinéforom s’est progressivement érodé. Le taux du soutien complémentaire à la réalisation, qui atteignait 70 % au début du dispositif, est aujourd’hui de 50 % pour le cinéma.

Les budgets consacrés aux séries sont eux aussi soumis à une pression croissante lorsque le volume des productions augmente sans progression équivalente des enveloppes.

Parallèlement à la détérioration des ressources disponibles, les coûts de production augmentent.

Les nouveaux barèmes salariaux indicatifs entrés en vigueur le 1er janvier 2025 représentent une hausse moyenne de 6,9 % par rapport aux précédents barèmes, qui dataient de 2009. Cette revalorisation était nécessaire et légitime. Mais elle constitue un coût supplémentaire réel pour les productions lorsque les fonds qui les financent ne progressent pas en conséquence.

À cela s’ajoutent l’inflation générale, l’augmentation des coûts de transport, d’hébergement, de matériel et de prestations, ainsi que de nouvelles exigences professionnelles en matière environnementale et de prévention des atteintes à la personnalité.

Soyons clairs : améliorer les conditions de travail, prévenir le harcèlement et réduire l’impact environnemental de nos productions sont des objectifs indispensables que nous soutenons.

Mais on ne peut multiplier les exigences professionnelles sans se préoccuper des moyens permettant de les financer.

 

Mettre en production des films structurellement sous-financés n’est pas une solution

 

Pour qu’un projet puisse partir en tournage malgré un financement insuffisant, les sociétés de production mettent en participation leurs frais généraux et leur propre rémunération et sont parfois contraintes de demander aux auteur·ice·s, réalisateur·ice·s ou autres professionnel·le·s de faire de même avec une partie de leur rémunération.

Pour rappel, dans un petit marché comme la Suisse, les recettes d’exploitation ne permettent pas de récupérer les investissements en participation des producteur·ice·s et des salarié·e·s. Donc, dans les faits, ces sommes sont perdues et ne sont jamais récupérées. Les chiffres de l’OFC permettent aujourd’hui d’objectiver cette situation.

Dans son rapport sur le financement de la production indépendante, l’OFC constate que CHF 7,1 millions de fonds propres participent chaque année au financement des longs métrages et que, sur cette somme,environ CHF 6 millions correspondent à des provisions des producteur·ice·s sur leurs honoraires et leurs frais généraux, dans l’attente d’hypothétiques recettes futures générées par les films.

Autrement dit, entre 7% et 8% du financement apparent des films repose sur les frais généraux et les rémunérations producteur·ice·s que les entreprises de production renoncent à percevoir.

Cela démontre qu’une part importante du sous-financement est ainsi directement prise en charge par les sociétés de production elles-mêmes.

Ce mécanisme peut ponctuellement permettre de boucler le financement d’un projet. Il ne peut cependant constituer un modèle économique sur le long terme.

Si les sociétés de production continuent à s’affaiblir, toute la branche en subira les conséquences et se fragilisera.

 

Pour pallier cette pénurie, faut-il simplement produire moins de films comme le suggèrent de nombreuses voix ?

 

À nos yeux, cela ne constitue absolument pas une réponse adéquate à la situation actuelle et voici pourquoi :

Une masse critique de productions est indispensable au fonctionnement d’une branche professionnelle. Elle permet en effet aux technicien·ne·s de travailler suffisamment pour maintenir leurs compétences et vivre de leur métier.

Elle permet aux auteur·ice·s et aux réalisateur·ice·s de construire une carrière dans la durée.

Elle permet aux sociétés de production de maintenir leurs équipes, leurs locaux et leurs capacités de développement entre deux projets.

Elle permet de soutenir la relève et de faire émerger de nouveaux talents.

Elle permet enfin de préserver une véritable diversité de formats et d’expressions artistiques : fiction, documentaire, animation, courts métrages, séries, nouvelles écritures, films populaires comme œuvres plus singulières.

Réduire le nombre de films produits entraînerait une précarisation de l’ensemble de la filière, un recul majeur pour le secteur et, à terme, une déprofessionnalisation de la branche.

Il faut également rappeler une caractéristique fondamentale de notre activité : le cinéma est une économie du prototype. Chaque film est différent. Aucun système d’expertise, aussi compétent soit-il, ne peut savoir avec certitude quels projets connaîtront le succès, rencontreront leur public, remporteront des prix, voyageront internationalement ou marqueront durablement notre paysage culturel. Produire implique donc intrinsèquement une part de risque.

Réduire le nombre de productions aurait nécessairement des conséquences négatives : diminution des films de la relève, disparition de certaines formes artistiques, fragilisation de la continuité des carrières, réduction des emplois techniques ou fragilisation de la pérennité des sociétés de production.

Dans les faits, les commissions sont déjà confrontées à ce dilemme : maintenir un volume relativement stable de projets soutenus tout en répartissant des ressources devenues trop faibles pour couvrir correctement les budgets nécessaires.

 

Les investissements des plateformes peuvent-ils nous sauver ?

 

L’entrée en vigueur, le 1er janvier 2024, de l’obligation faite aux services de télévision et

de vidéo à la demande d’investir au moins 4 % de leur chiffre d’affaires suisse dans la création cinématographique constitue une évolution importante et potentiellement positive.

Mais nous estimons qu’il est encore trop tôt pour mesurer sérieusement les effets structurels positifs de cette mesure.

Le dispositif a été conçu sur une période de quatre ans : les entreprises peuvent reporter une partie de leurs investissements avant qu’une éventuelle taxe de remplacement ne devienne exigible. Il faudra donc plusieurs exercices pour disposer d’une vision suffisamment représentative.

Il faut également rester prudent dans l’interprétation des premières données.

Certains projets comptabilisés au cours des premières années correspondent en effet à des engagements initiés avant même l’entrée en vigueur de la nouvelle obligation. Winter Palace, première collaboration entre la RTS et Netflix, avait ainsi été annoncé dès 2023 et son tournage avait commencé plusieurs mois avant l’entrée en vigueur de la Lex Netflix.

Ces premiers résultats ne permettent donc pas encore de mesurer précisément la part d’investissements véritablement additionnels générés par le nouveau dispositif, notamment en Suisse romande. Il serait dès lors prématuré de considérer que les investissements des plateformes permettront demain de compenser les difficultés de financement de l’OFC, de la SSR ou des fonds régionaux.

Nous souhaitons défendre un principe clair : les investissements résultant de la Lex Netflix doivent constituer des moyens additionnels pour la création suisse. Ils ne doivent pas devenir un argument justifiant la stagnation ou la diminution des financements publics et institutionnels existants.

 

Les mutations du paysage audiovisuel dépassent largement la Suisse

 

Notre pays n’est évidemment pas isolé.

Partout en Europe, les modèles traditionnels de financement et de diffusion sont bouleversés par l’évolution des usages, le recul de certains diffuseurs traditionnels et la montée en puissance de plateformes internationales.

De nouveaux acteurs captent désormais une part considérable de l’audience et des revenus publicitaires sans participer au préfinancement de la création selon les mêmes mécanismes que les diffuseurs historiques. YouTube constitue l’un des exemples les plus visibles de cette transformation.

Nous sommes donc entrés dans une période de profonde mutation.

Dans ce contexte, le rôle d’une politique publique ambitieuse, stable et prévisible devient plus essentiel encore pour préserver une production indépendante suisse, diversifiée et professionnelle.

Face à cette situation, Fonction : Cinéma estime que les différents métiers et organisations de la branche doivent maintenant unir leurs forces autour de propositions communes.

Trois partenaires jouent un rôle particulièrement déterminant pour la production romande : la SSR, l’OFC et Cinéforom.

 

LA SSR-SRG

La SSR traverse une transformation majeure.

Les économies importantes engagées par l’entreprise vont profondément modifier son organisation et ses activités. Dans le même temps, une centralisation croissante de certaines activités, notamment dans le domaine de la fiction, se met en place.

Cette centralisation peut constituer une opportunité si elle permet notamment de favoriser une plus grande équité des dotations entre les régions linguistiques, de renforcer l’accompagnement artistique, de s’appuyer sur des responsables expérimenté·e·s dans le développement des scénarios et les contrats de coproduction, et de mettre en place des calendriers de décision plus clairs.

Mais elle comporte également des risques.

Le développement d’une série repose sur un dialogue artistique étroit, sur une bonne compréhension de son contexte culturel et linguistique et sur une connaissance fine des réalités de production propres à chaque région.

La centralisation ne doit donc conduire ni à une marginalisation de la Suisse romande, ni à une diminution de sa capacité de décision et de financement.

Parmi les propositions que nous souhaitons mettre en discussion avec la branche et la SSR figurent notamment :

  • une évaluation équitable du coût réel des séries entre les trois régions linguistiques et la préservation de la part romande du Pacte ;

  • des calendriers de développement, de préproduction, de production et de postproduction définis suffisamment tôt, respectés et compatibles avec ceux des éventuels coproducteur·ice·s étranger·ère·s ;

  • un meilleur financement du développement des séries et des films afin de permettre une rémunération décente des auteur·ice·s, réalisateur·ice·s et producteur·ice·s ;

  • la préservation effective dans les budgets des frais généraux des sociétés de production à hauteur de 7%, de la rémunération de la productrice ou du producteur à hauteur de 5% et des imprévus à hauteur de 5%, afin que ces postes ne deviennent pas les premières variables d’ajustement lorsqu’un plan de financement ne se boucle pas ;

  • une réévaluation des moyens du prochain Pacte tenant compte de l’augmentation réelle des coûts de production ;

  • maintenir les montants alloués au dispositif Succès Passage Antenne.

 

Le Pacte de l’audiovisuel actuel représente CHF 34 millions par année et court jusqu’à fin 2027. Les négociations concernant l’accord qui lui succédera seront donc déterminantes pour toute la branche.

 

L’OFC

 

Les difficultés rencontrées avec l’OFC ne concernent pas uniquement le montant des aides.

Plusieurs décisions récentes ont accru l’imprévisibilité pour la branche, en particulier lorsqu’elles interviennent sans concertation suffisante avec les organisations professionnelles et les fonds régionaux, alors même que tous ces dispositifs sont interdépendants.

L’étude Goldmedia commandée par l’OFC contient des analyses utiles concernant l’efficience des différents instruments.

Nous considérons toutefois qu’elle analyse insuffisamment trois questions centrales :

  • la viabilité économique des entreprises qui portent les œuvres ;
  • l’évolution réelle des coûts de production ;
  • les conséquences de la multiplication des missions confiées à l’OFC dans un contexte de stagnation de ses moyens cinéma.

La question ne peut pas être uniquement : « comment répartir plus efficacement les moyens disponibles ? »

Elle doit aussi être : ces moyens sont-ils encore suffisants pour remplir l’ensemble des objectifs que la politique culturelle assigne au cinéma suisse ?

 

Parmi les pistes que Fonction : Cinéma souhaite soumettre à la discussion figurent :

  • le doublement des moyens de l’aide sélective ;

  • une augmentation des plafonds consacrés à l’écriture et au développement ;

  • des budgets de production permettant réellement d’absorber l’inflation et les nouvelles obligations professionnelles (bilan carbone et mesures contre le harcèlement) ;

  • le maintien de moyens suffisants pour soutenir à la fois la relève et la continuité des carrières et tous les formats ;

  • le maintien d’une masse critique de productions permettant au tissu de PME qui constitue notre secteur de continuer à fonctionner ;

  • la sanctuarisation des 7% de frais généraux, 5% de rémunération de la productrice ou du producteur et 5% d’imprévus dans les budgets ;

  • l’indexation automatique des aides à la production sur l’inflation.

 

Nous souhaitons également rouvrir la discussion sur la quote-part propre demandée aux producteur·ice·s.

Le droit ne fixe pas une obligation absolue et uniforme de 5%. Dans sa pratique, l’OFC considère néanmoins qu’en règle générale cette quote-part devrait atteindre au moins 5% des coûts de production, dont une partie peut prendre la forme de prestations propres mises en participation.

Or, lorsque l’OFC constate simultanément que près de CHF 6 millions de rémunération de la productrice ou du producteur et de frais généraux sont déjà mis en participation chaque année dans le financement des longs métrages, il nous paraît légitime de réexaminer cette pratique.

L’article 19 OECin prévoit précisément que la participation de la requérante ou du requérant doit rester appropriée, compte tenu notamment de sa situation économique et des bénéfices qu’il peut raisonnablement attendre de l’exploitation du projet.

Ce principe doit être pleinement appliqué.

 

Pour une administration plus prévisible

 

Les sociétés de production ont besoin non seulement de financements suffisants, mais aussi d’une administration capable de répondre aux temporalités très particulières d’une production cinématographique.

Les délais de traitement, de contractualisation ou de versement peuvent avoir des conséquences directes sur un tournage, une coproduction ou la trésorerie d’une entreprise.

Nous proposons donc que l’OFC et la branche puissent travailler ensemble à l’établissement de standards de service mesurables, comprenant notamment :

  • un délai maximal de traitement des dossiers ;

  • un délai maximal de contractualisation ;

  • un délai maximal de versement ;

  • un·e interlocuteur·ice clairement identifiable pour chaque dossier ;

  • une simplification et une meilleure harmonisation des procédures ;

  • une meilleure harmonisation des procédures et des documents avec les pratiques des principaux pays partenaires de coproduction, notamment la France, l’Allemagne, la Belgique et l’Italie.

Tant que l’Office n’est pas en mesure de garantir pleinement ces standards, nous proposons également de mettre en place, à titre transitoire, un mécanisme permettant l’octroi automatique d’un soutien de l’OFC à certains projets ayant déjà obtenu une aide sélective régionale (c.f. : aide complémentaire de Cinéforom).

Cette proposition a pour objectif de permettre à l’OFC d’évoluer sans interrompre ou ralentir le flux des productions.

 

CINEFOROM

 

Cinéforom constitue depuis quinze ans un outil essentiel de la réussite de la production romande, comme cela a été rappelé par les 7 cantons romands contributeurs lors du dernier festival de Locarno.

Nous saluons d’ailleurs son fonctionnement, la qualité du travail de son équipe et son soutien complémentaire qui ont joué un rôle majeur dans le développement de notre branche.

Les nombreux films romands sélectionnés et récompensés dans les grands festivals internationaux témoignent de cette réussite.

En 2026, le budget global de Cinéforom s’élève à CHF 11'234'800. Sur cette enveloppe, CHF 4,25 millions sont consacrés à l’aide sélective et CHF 5,91 millions au soutien complémentaire, auxquels s’ajoutent notamment les moyens destinés à la distribution et à l’exploitation.

Ce budget n’a pas progressé suffisamment pour suivre l’évolution des coûts et des besoins de la branche.

L’effet amplificateur régional s’est ainsi progressivement érodé. Alors que le soutien complémentaire cinéma représentait 70 % du financement de référence au début du dispositif, il est aujourd’hui de 50 %.

Cinéforom estime elle-même que la restauration de cet effet amplificateur à son niveau initial nécessiterait au minimum CHF 5 millions supplémentaires par année.

Ses axes stratégiques 2026-2030 prévoyaient une progression des ressources provenant de la CPOR et des cantons, et visaient à terme environ CHF 15 millions de soutiens publics à la production. Toutefois, les cantons ont indiqué qu’ils n’étaient pas actuellement en mesure d’augmenter leurs contributions.

La situation devient d’autant plus préoccupante que les CHF 300'000 jusqu’ici destinés aux expériences numériques ne pourront finalement pas être réaffectés à la production : à partir de 2027, ces moyens ne seront plus attribués à Cinéforom.

Nous sommes donc confronté·e·s à une situation paradoxale : pour renforcer le financement des productions, Cinéforom doit aujourd’hui procéder à des arbitrages au sein de ses propres dispositifs pour pallier la stagnation de son enveloppe globale.

Fonction : Cinéma estime qu’il est temps que la branche romande, l’AROPA, l’ARF, les syndicats nationaux et les autres associations concernées remettent collectivement l’ouvrage sur le métier et demandent d’une même voix une augmentation des moyens de Cinéforom.
 

Parmi les objectifs que nous proposons de mettre en discussion lors des Assises figure l’opportunité de porter, à terme, l’objectif d’une augmentation pouvant atteindre 6 millions supplémentaires, à construire progressivement avec les cantons, les villes et les partenaires privés.

 

Cinéforom s’est créé en 2011 pour défendre la production romande face à l’avantage des Zurichois qui disposaient de 10 millions par année dès la création de la Zürcher Filmstiftung en 2003. Aujourd’hui cette dernière est financée à hauteur de 15 millions (hors frais de fonctionnement) et d’autres fonds en Suisse allemande se sont encore créés (Bâle, Berne, le fonds de la Suisse centrale).

Pour que la Suisse romande puisse maintenir des conditions de concurrence équilibrées avec la Suisse alémanique, il faut que les cantons romands acceptent un financement plus important pour notre secteur et ses emplois, à un niveau au moins comparable à celui du fonds zurichois. L’effet amplificateur de Cinéforom doit être restauré.

Ce qui est certain, c’est que la Romandie ne peut durablement faire reposer l’excellence artistique de ses productions sur des budgets structurellement insuffisants et sur la capacité de ses professionnel·le·s à absorber personnellement une partie de ce sous-financement.

Il convient également de rappeler la qualité du service fourni par Cinéforom aux producteur·ice·s, la reconnaissance internationale de nombreuses productions romandes, les prix obtenus par les œuvres soutenues et la remarquable résilience de la branche.

Le développement récent de nouveaux mécanismes incitatifs régionaux, notamment à Genève après le Valais, constitue également un signal encourageant.

Mais ces réussites ne doivent pas masquer une réalité : la capacité d’absorption de la branche atteint aujourd’hui des limites qui doivent appeler toute l’attention des pouvoirs publics.

Par ailleurs, les moyens de Cinéforom devraient pouvoir être périodiquement réévalués par les 7 cantons contributeurs en fonction de l’évolution réelle des coûts de production.

 

Afin de discuter de ces constats et des pistes de revendication qui en découlent, nous proposons d’organiser avec l’ensemble des organisations professionnelles et syndicales concernées des Assises de la branche.

 

Ces différentes propositions ne pourront être portées efficacement si chaque métier, chaque association ou chaque région agit isolément.

Nous devons aujourd’hui nous retrouver pour discuter de ces enjeux, les hiérarchiser, identifier les revendications susceptibles de rassembler largement la branche et définir ensemble les moyens de les défendre.

Fonction : Cinéma appelle à l’organisation d’assises réunissant les organisations professionnelles et syndicales concernées, d’abord au niveau romand et, nous l’espérons aussi, au niveau national.

Ce n’est qu’en parlant d’une voix suffisamment forte et cohérente que nous pourrons nous faire entendre de nos partenaires institutionnels et politiques.

Le cinéma suisse, nos séries et nos récits connaissent une vitalité et une reconnaissance remarquables. Mais cette réussite ne peut durablement reposer sur l’épuisement des personnes et la fragilisation économique des entreprises qui les rendent possibles.

Notre avenir doit reposer sur des conditions-cadres dignes permettant aux auteur·ice·s, réalisateur·ice·s, producteur·ice·s et technicien·ne·s de vivre de leur métier et aux entreprises de production de remplir durablement leur rôle.

 

Fonction : Cinéma est prête à œuvrer avec l’ensemble des organisations professionnelles et syndicales en ce sens.

 

Nous souhaitons que la période difficile que traverse aujourd’hui notre branche puisse devenir le point de départ d’un élan constructif, organisé et solidaire.

 

Xavier Derigo                                                                                            Aude Vermeil
Président                                                                                                     Directrice

 

 

 

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